Les jours d’après…

Une semaine après je sors de mon silence blogo, juste pour vous écrire « je vais bien ne t’en fais pas ». Pour me le dire aussi. Et pour faire un teaser de mon retour sur la toile. J’ai fait une pause web personnelle, pas en ce qui vous concerne je vous rassure, car j’ai lu avec attention les blogs que je suis habituellement. Vous avez certainement vu passer mes commentaires par ci par là si vous me suivez un peu.

Oui cette semaine j’ai eu du mal avec Internet. Avec les réseaux. Mais pas ici, non une fois de plus, je choisis bien mes blogueuses à lire ;-), vos posts sur les événements tragiques étaient d’un réconfort et / ou d’une réflexion intelligent(e)s. Alors pour ça, merci.

J’ai ruminé pour ma part, afin d’écrire ce que j’avais sur le cœur, mais trop de choses s’entremêlent, à cause des choses lues par ci par là sur les réseaux sociaux, que j’ai vomis toute la semaine. J’ai fini par décider de ne pas m’étendre plus que ça sur le sujet. Ce n’est pas le lieu, pas le ton de mon blog. J’ai souvent songé à créer un autre espace plus politique, plus société, parce que tout ça m’intéresse, mais ici ça reste loisirs et futilités du quotidien. Ce quotidien qui continue malgré tout, avec un goût amer, mais qui continue quand même. Il faut bien résister. Et puis je me suis ravisée de cette abstention. Il faut bien une étape avant de passer à autre chose. Alors vous me permettrez de sortir un peu du cadre pour boucler la boucle avant de reprendre le cours de ce blog.

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Comme tout le monde j’ai un problème avec le deuil. J’ai toujours cette colère que le monde ne s’arrête pas le temps du deuil. Alors là avec un deuil national, tu t’imagines… Le temps s’est arrêté samedi dernier, point barre. Après, ce fut déferlante de conneries plus grosses les unes que les autres. Entre les partages de statuts non lus, non vérifiés, non réfléchis, ou juste complètement idiots, bref les travers des réseaux sociaux… Les polémistes ont profité de la situation pour aborder certains sujets. Alors les quidams se sont dit qu’il était temps de crier aux complots. Bref les travers des réseaux sociaux. Les hoax ont circulé – et continuent – à tout va. Le drapeau français est devenu un symbole, vite décrié de par le fait, car certains  n’aiment pas les symboles.

Donc voilà j’ai fait une pause.

Réfléchir avant d’écrire, ou de partager, à l’image de ce partage sur le Facebook d’une copine, partagé de celui d’une ONG, partagé d’on ne sait où, qui sous couvert d’une intro pacifiste accusait clairement les juifs de tous les maux de la terre quelques lignes plus bas, liké par des centaines qui n’avaient vu que l’intro. Ou simplement se taire. A l’image des complexités diplomatiques, politiques et historiques (historiques, oui, car ce que j’ai lu rappelait clairement des positions qui en 40 avaient débouché sur les accords de Munich – Des Daladiers en puissance, et des gens qui oublient que si les américains avaient raisonné de la même manière durant la deuxième guerre, nous ne serions pas là pour en parler – Mais je rentre dans un débat que je ne pourrai peut être pas tenir moi non plus finalement, compte tenu de mes lacunes politiques, alors passons…). Je salue à cette occasion la très intéressante soirée programmée dans la semaine sur France 2, qui en plus d’un débat bien tenu par ses intervenants (en tête ceux qui pourtant sont les plus virulents et à côté de la plaque pour ce que j’en pense en général, à savoir Jean-Luc Mélenchon et Marion Maréchal Le Pen, qui auront lors de ce débat été les deux politiques les plus directs, évitant tout manque de respect pour les victimes et tout risque d’amalgame, en disant les choses, tout simplement), a pris l’initiative d’expliquer les choses en profondeur. Car tout est bien plus compliqué qu’on se le figure, et d’autant plus sous le coup de l’émotion. 

 Les humoristes, (les vrais), ont su gérer avec humour la situation. Alors les quidams se sont dit qu’il était temps de déconner sur le sujet à tout va. Les travers des réseaux sociaux…

Source Time

La solidarité a refait surface, comme à chaque fois, pourvu qu’elle reste un peu, cette fois. L’envie de vivre, plus forte que tout, sans avoir peur, en prônant les valeurs de ce Pays. Les jeunes ont brandi la fête comme étendard sanglant, appelant à sortir en terrasse en guise de résistance (je me demande si ils auraient brandi un bouquin si les terroristes avaient frappé dans une bibliothèque…). D’autres se désolidarisent déjà de cet élan au motif qu’ils n’aiment pas la guerre (ils préfèrent les bisounours), certains cherchent déjà d’autres causes pour se défaire un peu de ce patriotisme événementiel. Comme si c’était une honte d’y avoir cru quelques instants.

Mais la honte n’est pas là bien au contraire. La honte, c’est d’oublier si vite, comme après janvier. Comme après 2001. Comme toujours. Je le disais plus haut, il le faut cependant, pour avancer. Mais nous avons depuis janvier individualisé la chose. Avec nos #jesuis…, nous sommes devenus, puis nous nous sommes oubliés. Nous avons oublié qui nous sommes. En apparence…

Je pense que je suis moi-même avant tout, et pas ce que Facebook ou Twitter en dit. Pas ce que je leur fais dire sur ce que je suis. Je suis un être humain, non virtuel, qui choisis ce que je publie, mais qui pense tout le temps, pas seulement quand je suis connectée. Et je n’ai jamais eu honte d’être française, et j’aime mon pays, mais je n’ai pas mis de drapeau bleu blanc rouge sur ma photo, parce que j’avais déjà mis une image noire en signe de deuil national, tout simplement. Cette image qui est restée toute l’année quasiment sur mon profil, car je m’étais dit que je la changerais quand on n’entendrait plus parler de drame dans le monde, à défaut de la changer pour le hashtag #jesuis du moment. Je ne considère pas ceux qui l’ont fait comme des moutons pour autant. Je ne considère pas que ceux qui ne publient que des conneries sont cons. Je ne considère pas que Facebook et Twitter savent qui nous sommes. Car nous ne sommes pas uniquement ce qu’on leur laisse publier en notre nom. Alors je n’ai plus rien publié. Juste cette photo de profil noire. Puis j’ai republié. Sur d’autres sujets. Plus futiles. Toujours la photo de profil noire. Certains diront que je m’en fous sûrement de ce qu’il se passe. Mais non. On n’oublie rien, mais la vie continue. Comme le drapeau bleu blanc rouge laisse de nouveau place à des profils souriants. Comme je reviendrai dès demain avec les billets habituels (et croyez moi je vais rattraper cette semaine car lundi on devait parler petite laine et je voulais vous montrer le snood que je tricote, et j’ai de la matière pour une fois pour les deux derniers TFSA…).  Il fallait bien une étape avant de passer à autre chose. 

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3 réflexions sur “Les jours d’après…

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