La nuit où le camping prit feu…

Deuxième nuit de vacances, Boyardville. Vers 2h45. Réveil en sursaut par un drôle de bruit, fort. Comme une explosion. Des gens qui crient. Une autre explosion. Je te garantis que par les temps qui courent, la combinaison déflagration + cris fait un sacré drôle d’effet… L’espace d’une seconde j’hésite entre réveiller tout le monde pour foutre le camp ou se cacher dans les placards du mobil-home. J’ouvre la fenêtre, j’entends le mot feu, et c’est con, mais je suis un brin soulagée. Les lumières s’allument, des voitures démarrent. Des gens frappent à toutes les portes pour dire à tous de déguerpir. Bref, il y a le feu dans le camping…

Ni une, ni deux les enfants ont un gilet, le grand des chaussures, je chope au passage les deux téléphones et direction la sortie. Les flammes ne sont pas très loin. Et grandes. Ça brûle vite et fort une pinède. A se demander pourquoi la plupart des campings s’installent dessous… Les bagnoles font vite bouchon vers la sortie. La nature humaine, quoi, pour sauver leur bagnole, ils  prennent le risque de bloquer les secours. On accélère vers la sortie. Petit Monsieur a vu le feu : « Vite j’ai peur ». Mini Monsieur est au spectacle « Wouahou ». L’animatrice qui râle « Avancez, ce n’est pas un spectacle ! ». C’est vrai mais on a tendance à bloquer un peu sur les images impressionnantes. Et ma phrase qui reviendra en boucle « J’espère qu’il n’y a pas de blessé ». On appelle des gens, des gamins cherchent leurs parents, une ado se fait enguirlander par son père qui vient d’avoir la peur de sa vie ne la retrouvant pas, sans doute parce qu’elle a suivi les potes lors de l’évacuation. J’espère qu’il n’y a pas de blessé.

Tout le monde se masse sur la place du village. Le pub resto « L’échoppe » qui fermait rouvre alors pour offrir de l’eau et des boissons chaudes. Et ses chaises. L’équipe du camping est au top, ils ont fait sortir tout le monde et même pensé au prêt de couverture. L’avantage d’être une famille avec enfants en bas âge, c’est qu’on a vite les couvertures.

Et puis étrangement on se calme. Un petit tour sur Twitter histoire de voir si les médias en savent plus que nous. Pas un mot. Soulagement, ça ne doit pas être bien grave pour qu’aucun tweet ne circule. J’espère qu’il n’y a pas de blessé. Et puis on revient des considérations bassement matérielles. L’appareil photo et surtout la carte mémoire dedans, même si une sauvegarde avait été faite avant de partir. L’Ipad, et surtout les photos dessus. Et puis le countryman, quand même. Mini Monsieur commence à chouiner.

Les pompiers sont vite arrivés. Même si ça nous a paru une éternité. Il faut dire que si l’île d’Oléron est vaste, ce n’est pas le cas de son réseau routier… Très vite le feu est maîtrisé. L’accueil des « sinistrés » que nous sommes s’organise. Les familles sont prioritaires pour la salle des fêtes, mais on rebrousse vite chemin, la salle n’ayant qu’une capacité de 100 personnes.

On se retrouve en terrasse de l’échoppe, les chaises sont moins froides que le trottoir. Mini Monsieur est épuisé, il chouine toujours. La solidarité est là comme souvent dans ces moments là. Personne ne se reparlera après, mais on se passe les chaises, on rigole, et les rumeurs vont bon train. J’espère qu’il n’y a pas de blessé. Apparemment, il n’y en a pas. On parle de 5 mobil-homes brûlés et deux véhicules. On peut souffler, 5 depuis l’endroit où on voyait le feu, ça n’a certainement pas atteint notre coin. Il est 4h30 environ. On appelle des gens pour regagner leur gîte. On n’est pas dans le lot. On rappelle toute une lignée de numéros de mobilhomes. Les gens ont l’air soulagés. Finalement on apprend que ceux là seront relogés, l’électricité ayant été coupée dans leur coin par les pompiers. Mini Monsieur hurle de fatigue. Je finis par accepter une place dans un fauteuil dans le pub. Et un chocolat chaud.

Photo @ Ouest France

Nous regagnerons le camping à 7h du matin, au lever du soleil. Et perdrons une demi journée pour récupérer le sommeil de cette nuit. Et quelques heures de sommeil aussi les nuits suivantes à rassurer Petit Monsieur qui n’a pas voulu dormir sans un de ses parents de la semaine. Et qui galère encore à s’endormir depuis le retour, d’autant qu’un voisin du bout de notre quartier a perdu l’étage de sa maison dans un incendie cette semaine… On n’a même pas osé aller faire les curieux voir l’étendu des dégâts. Un peu à cran aussi au moindre bruit, surtout le détecteur de fumée qui évidemment n’a rien trouvé de mieux que de se mettre en route le lendemain pendant que les nouilles cuisaient ! Tu le crois ça ?

Bref, une grosse frayeur pour commencer le séjour.  Et tu sais le pire ? Le lendemain il est tombé une de ces averses… C’est con, à quelques heures près… Le midi quelques heures après, #Oléron était la troisième tendance sur twitter… Une caméra de BFM TV (évidemment…) était plantée devant l’entrée. On parlait de nous même sur RTL et dans la presse. 9 mobil-homes brûlés, deux véhicules et quarte blessés légers, 50 familles relogées. Et 1 500 personnes errant sur la place du village de 3h à 7h du mat. Ça fait du monde, c’est vrai. Un vigile est resté 48h devant le camping avec les pompiers. Les rumeurs qui parlaient de trois départs de feu ne rendaient pas la chose si rassurante. Les infos qu’on a eues après, même si l’enquête n’a pas encore donné de conclusions, c’est qu’une fuite de gaz et/ou un barbecue mal éteint auraient provoqué l’incendie… Mais bon, que 4 blessés légers, c’est e qu’il faut retenir, et ouf. J’ai lu qu’une famille avait porté plainte contre le camping. Moi je trouve qu’on a bien été pris en charge, mais il paraît que les issues de secours étaient sous clé…

Plus de peur que de mal donc. Mais je crois qu’on n’en sort pas complètement serein, de Petit Monsieur qui parle de feu, d’incendie et de pompiers en boucle depuis, à moi qui me réveille encore parfois en sursaut, au son de détonations fictives…

Quoiqu’il en soit, je profite de ma petite tribune de blogueuse, je tenais à remercier l’équipe du camping pour la prise en charge des gens sur la place du village puis pour le erste du séjour qui a été au top, et l’équipe de l’échoppe qui a rouvert toute la nuit et épuisé son stock de chocolat chaud pour nous.

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9 réflexions sur “La nuit où le camping prit feu…

  1. LadySo dit :

    Olala, heureusement que vous n’avez rien eu. Les pauvres bouts de choux, c’est vrai qu’ils ont du avoir peur. Et vous aussi 😕
    A chaque fois, on se dit que ça n’arrive qu’aux autres, mais en fait non. Ça peut aussi nous arriver (avec la voix de Julien Courbet en le lisant, parce que sinon, c’est pas drôle 😉)

  2. Une touriste rêveuse dit :

    Comme quoi ça n’arrive pas qu’aux autres.. C’est clair que cet événement risque de vous marquer encore quelques temps mais heureusement plus de peur que de mal..

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