Escapade autour des châteaux de la Loire – Episode 5 (et final) – Blois

J’aurai mis le temps, on va dire que c’était pour faire durer le plaisir, mais voilà le dernier épisode de notre escapade autour des châteaux de la Loire ! Après Chambord, Chenonceaux et le Zoo Parc de Beauval, tour d’horizon de notre ville point de chute, Blois.

Quand on part en séjour dans la vallée de la Loire, on ne passe évidemment pas à côté des visites de châteaux. Et on n’en fait curieusement pas d’overdose, contrairement à ce qu’on pourrait croire. Car si l’Histoire avec un grand H se retrouve dans chaque ville et fatalement dans l’histoire de chaque édifice, il n’en est pas moins que chaque château conserve outre son architecture et sa personnalité, des particularités, des anecdotes, des mises en valeur touristiques (là c’est la professionnelle qui parle!), qui font qu’il reste unique, et que vous aurez beau en avoir déjà visité plusieurs, vous aurez autant d’intérêt et de plaisir à le découvrir. Et celui de Blois est à plus d’un titre très intéressant.

Une ville à taille humaine

Parlons de la ville tout d’abord ! Comme c’était notre point de villégiature, que je vous conseille par la même occasion par sa situation centrale par rapport aux visites citées dans les précédents épisodes, sa capacité hôtelière, et son centre-ville agréable pour la promenade mais aussi pour les possibilités touristiques offertes : un office de tourisme en cœur de ville avec du personnel compétent (là encore parole de pro !), des possibilités de visites guidées, des promenades en calèche, une bonne palette de restaurants, et d’autres lieux de visite que j’énumérerai plus bas…

Ce que j’ai aimé dans Blois c’est ce caractère que je définirai de « Ville à taille humaine » : pas trop vaste ni trop petit, pas trop noir de monde ni trop désert, tout pour se sentir à l’aise et détendu, une aubaine quand on sait que passé les portes d’entrée des différents châteaux on va se faire aspirer par un flux mêlant la sueur, les flashs et le brouhaha polyglotte du tourisme de masse ! Un centre ville comme on les aime, avec ses bâtiments historiques, ses maisons de caractère, ses rues piétonnes pavées, une artère commerçante et quelques rues dédiées à la bonne bouffe et aux rafraîchissements ! Le tout surmonté par l’incontournable château auquel on accède par de nombreux escaliers (là c’est la femme enceinte essoufflée qui parle…).

Sur la vaste place qui donne accès au château, se dresse un incontournable pour les familles, la Maison de la Magie. Que vous soyez férus de cet art ou pas, vous vous devez d’observer la façade au moins une fois dans la journée puisque toutes les demi-heures en sort des fenêtres les six têtes d’un énorme dragon. Un vrai spectacle, même sans entrer dans le musée qui semble par ailleurs très intéressant (pas dans notre programme, Petit Monsieur étant encore un peu petit pour ce format de musée – en revanche, il a évidemment adoré les têtes de dragon, pestant même légèrement de ne les avoir vus que deux fois…).

Côté restos, on a tellement aimé le premier, Au coin d’table qu’on y a dîné deux soirs de suite ! Le genre de lieu sympa, au charme désuet, empli de vieilleries entassées dans tous les coins. Les menus sur des vieux bouquins rafistolés par le bouquiniste du coin, et une bonne cuisine qui sent bon chez mémé. La pizzeria La Scala, malgré sa grande capacité d’accueil et son enseigne qui fleure bon la chaîne (une chaîne qui par chez nous en tout cas reste inconnue) propose une carte variée et originale, d’autant que nos plats de pâtes étaient bons.

Le château 

Si à Chenonceaux j’avais apprécié le sens de la visite, clair par rapport à Chambord où l’on peut se perdre et risquer de manquer certaines pièces, Blois présente lui aussi un sens de visite intéressant et cohérent. Plus que dans les deux autres, et c’est bien normal puisqu’il fût le théâtre de grands événements relatifs à l’Histoire de France,  on y trouve bien plus qu’une succession de pièces meublées d’époque.

Le château de Blois @desperatecouchpotatoe

Le château de Blois @desperatecouchpotatoe

Son architecture déjà, distingue les 4 périodes au cours desquelles il a été construit et présente ainsi un exceptionnel panorama de l’architecture française : Gothique (Moyen Âge), Flamboyant (Aile Louis XII – 1498 à 1501), Renaissance (Aile François Ier avec son fameux escalier à vis – 1515 à 1520), et Classique (Aile Gaston d’Orléans conçue par Mansart – 1635 à 1638). On commencera la visite par la salle des Etats, où les marmots se donneront à cœur joie au jeu des pauses sur un trône installé à l’occasion du tournage d’un film et conservé pour vos prises de vues souvenir ! A noter aussi dans cette vaste salle, les outils numériques qui permettent de traverser les étapes de construction de château. Suivent les salles consacrées à l’architecture dans les anciennes cuisines du bâtiment, où sont exposées les sculptures originales des différentes ailes. Au premier étage, les appartements royaux qui furent occupés par François Ier himself, Cartherine de Médicis, François II, Henri III et Gaston d’Orléans, bref que du people d’époque ! A noter ici, le Studiolo, unique cabinet royal de la Renaissance conservé en France, avec ses boiseries d’origine. Au deuxième étage enfin les appartements du roi sous Henri III, théâtre d’un épisode marquant des guerres de Religion, à savoir l’assassinat du Duc de Guise par ordre d’Henri III. Certains touristes y observeraient encore scrupuleusement la pièce à la recherche de traces…!

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On termine la visite en redescendant au premier étage par le musée des Beaux Arts de Blois, abrité dans les appartements royaux de Louis XII et Anne de Bretagne, musée présentant peintures, sculptures et tapisseries du XVIème au XIXème siècle. Chaque salle de ce musée propose des panneaux permettant aux enfants de ne pas en avoir marre par des jeux d’observation. Ce qui tombe à point nommé en fin de séjour et au troisième château pour contrer les « J’en ai marre de visiter les châteaux…! ».

L’Aile Gaston d’Orléans ne nous a ouvert que son entrée, permettant de voir tout de même l’escalier monumental et sa coupole, mais il abrite de temps à autre les expositions temporaires du château. A ne pas omettre avant de partir, la chapelle dont les vitraux sont signés Max Ingrand (le maître verrier à qui on doit aussi le plus grand vitrail d’Europe qui se trouve dans ma Normandie, à Yvetot (76)  si ça vous intéresse) et la Tour du Foix, et ses terrasses qui offrent un panorama sur une partie de la ville, et notamment sur la Loire. Et vous ne quitterez encore une fois pas le château sans l’obligatoire passage par la boutique…

Plein les mirettes avec le son et lumières !

Quand on fait voir la brochure à son petit et qu’il voit une page pleine de couleurs, ça se finit en son et lumières ! Ni une, ni deux, après maintes réclamations de Petit Monsieur, nous avons fini par tenter malgré les craintes de « je veux rentrer, je suis fatigué », le spectacle nocturne du château de Blois. Au final un superbe spectacle qui raconte les riches heures (ou pas) du château, agrémenté des voix de Pierre Arditi, Robert Hossein et Fabrice Lucchini. Même Petit Monsieur n’a pas trop pesté (en même temps à force de réclamer il avait eu le droit à un sacré briefing) ! Si vous visitez le château en saison, et que vous avez prévu une soirée sur Blois, n’hésitez pas, en plus on apprend plein de choses historiques !

« Qu’est ce que l’art ? »

Dernière étape, la Fondation du Doute. Un drôle de nom me direz-vous, mais quand on sait de quoi il s’agit on a quand on est comme moi amateur d’art contemporain, tout de suite la curiosité d’aller y faire un tour… La Fondation du Doute a été créée en 2013 par la municipalité, avec la complicité active de l’artiste Ben (vous savez, celui qui est connu pour ses « écritures »). Elle rassemble des œuvres de la collection personnelle de l’artiste et de deux collectionneurs italiens. Pas moins de 300 œuvres de 50 artistes différents se trouvent ici, mais attention, l’espace réfute toute appellation de musée ou de galerie d’art. Ainsi vous n’irez pas pour « voir » des œuvres, mais serez participatifs, et vous trouverez au centre des interrogations sur l’art et donc de l’esprit du mouvement Fluxus. Nous n’avons pas visité la Fondation car elle était fermée le matin, mais l’observation de sa façade donne déjà beaucoup à voir avec le « Mur des Mots », comme le montrent les photos ci-dessous !

Vous l’aurez compris dans le récit de chacun des épisodes, je suis enchantée de mon séjour dans la vallée de la Loire. Réussir à visiter 3 châteaux et un zoo en 3 jours, sans mettre Petit Monsieur sur les nerfs, en l’intéressant même, et en prenant ce temps de pause si précieux dans le quotidien, et le tout sans dépenser des sommes folles, voilà la recette d’un séjour réussi ! Je ne sais ni quand ni de quoi sera fait le prochain, si il se fait tôt ce sera dans notre région ou pas trop loin, fin de grossesse oblige, sinon ce sera pour plus tard mais à cette fois à 4… Quoiqu’il en soit il me tarde de découvrir de nouveaux lieux et de les partager avec vous ! Et vous alors, votre prochain programme visites c’est où, quand, comment ?

Big Kiss !

Escapade autour des châteaux de la Loire… Episode 3 – Chenonceau

Je continue le récit de notre périple royal avec… Chenonceau ! Qui a failli ne pas être au programme. La visite prévue était en effet après Chambord le château de Cheverny, paraît-il le plus joliment meublé, et celui qui inspira Hergé pour dessiner Moulinsart. Une expo permanente y est d’ailleurs présentée sur Tintin. Mais après une déambulation dense dans les recoins de Chambord, la sieste s’est fait sentir pour un petit Monsieur bougon qui commençait a en avoir marre… Après une heure d’attente dans la voiture sous la pluie, Monsieur Papa décida donc de reprendre la route vers Chenonceau. Timing parfait, réveil sur le parking… Et aucun regret. Malgré la pluie, Chenonceau reste magnifique. Cette perle architecturale posée sur les eaux du Cher est bien comme le dit la brochure un chef d’oeuvre de la Renaissance. Le domaine étant vaste, et la météo capricieuse, nous n’avons visité que le château lui-même. Mais les jardins, la ferme XVIème, la galerie des attelages méritent d’après les photos de s’y attarder, bien entendu. Ils programment d’ailleurs l’été des promenades nocturnes, note pour plus tard !

Chenonceaux

Chenonceau

A Chenonceaux, c’est déjà moins le labyrinthe qu’à Chambord. Déjà c’est moins grand, mais en plus, il n’y pas d’escalier circulaire desservant une multitude de pièces. La circulation est donc plus aisée et le guide visite fourni à l’entrée est juste parfait. Une mine d’informations, qui dispense de la dépense complémentaire pour un audio-guide, un plan précis qui étage par étage décrit chaque pièce visitée.

A l’intérieur, le raffinement à l’état pur. Raffinement d’époque(s) déjà, par la reconstitution des pièces du château, et raffinement muséographique, puisque les pièces sont ornées tantôt de toiles de maîtres, tantôt de magnifiques bouquets de saison, le tout à la chaleur de l’âtre des cheminées, allumées ce jour-là pour le plus grand plaisir des visiteurs trempés.

Il faut dire que Chenonceaux, c’est un château de Femme(s). C’est le château des femmes. Henri II en fait don à sa favorite Diane de Poitiers en 1547. Il est à l’époque un simple donjon au bord du Cher. Diane l’agrémentera de ses jardins et du fameux pont qui fait sa notoriété aujourd’hui. A la mort d’Henri II, son épouse Catherine de Médicis éloigne Diane du château pour s’y installer, en embellit encore les jardins, et fait ériger la galerie au-dessus du pont pour y organiser de somptueuses fêtes. C’est de Chenonceaux qu’elle dirigera le royaume durant sa régence. En 1589, c’est Louise de Lorraine, la veuve d’Henri III, qui viendra y porter le deuil, marquant la dernière présence royale à Chenonceau.

Mais cette affaire de femmes, elle n’est pas que royale… Après Louis de Lorraine, il faudra attendre Louise Dupain, représentante du Siècke des Lumières, pour redonner au château son faste d’antan, en y tenant salon entourée de l’élite des poètes, écrivains, scientifiques et philosophes parmi les plus célèbres. Elle sauvera même le château lors de la Révolution. Au XIXème, une certaine Marguerite Pelouze, issue de la bourgeoisie industrielle dépensera une fortune pour restaurer le château dans le goût de l’époque Diane de Poitiers, avant d’être ruinée, causant la vente et revente du domaine jusqu’en 1913. Autre figure, Simone Meunier infirmière administratrice de l’hôpital qui sera installé dans les galeries de Chenonceau durant la première guerre mondiale, permettant les soins de près de 2000 soldats, et l’anecdote que certains d’entre eux pêchaient dans le Cher depuis leur lit !

Tout au long de l’histoire de ces femmes se tissent l’Histoire et l’Architecture du château, à travers les pièces de chacune (la chambre de Diane, la cabinet Vert de Catherine, la fameuse galerie, fascinante déjà par le simple fait qu’elle était durant la seconde guerre mondiale tiraillée entre zone libre et zone occupée (côté château), le Cher marquant la fameuse ligne de démarcation, permettant donc d’une part à la Résistance de faire passer de nombreuses personnes, mais risquant aussi à tout moment la destruction du chef d’oeuvre, cible permanence d’une batterie allemande prête à agir.

Côté pièces, mes coups de cœur, outre cette galerie, les cuisines, installées dans les soubassements et la salle à manger du personnel, joliment décorée sur le thème de Pâques en cette fin avril, le salon Louis XIV qui comme son nom l’indique, qui abrite un Rubens, L’Enfant Jésus et St Jean Baptiste, et la chambre Louise de Lorraine, atypique et un brin flippante, tout de noir tapissée et décorée des attributs du deuil. Pas étonnant que la Louise ait porté le deuil en blanc si ses appartements étaient plongés dans le noir. On apprendra dans la visite que seule le plafond est d’origine, j’ose donc espérer pour elle un environnement mois « dark » à l’époque !

Bref, j’espère vous avoir donné envie de visiter Chenonceau à votre tour, ce château étant une vraie pépite, à ne pas manquer !

Au prochain épisode, on s’éloignera un peu des vieilles pierres et des rois morts, pour d’autres rois plus vivants et plus mignons, les pandas du zoo de Beauval !

See u !

Escapade autour des châteaux de la Loire – Episode 1

Que c’est chouette les vacances ! Faute de boulots conventionnels, travail de week-end, fériés et autres vacances scolaires (Monsieur dans le médial, Madame dans le tourisme, on peut dire que nous nous sommes trouvés question disponibilités…!) et avec un enfant en bas âge désormais scolarisé, trouver un créneau de congés commun relève souvent du casse-tête ! Et de la dernière minute… Heureusement les hôtels de Blois n’affichaient pas complet en début de semaine pré-long-week-end-du-1er-mai. Direction donc la vallée des rois (la française hein, pas l’égyptienne, on n’avait pas 3 semaines non plus!) à la découverte des châteaux de la Loire !

Photos @desperatecouchpotatoe

Des châteaux en France, il vrai que l’on peut en trouver partout. Mais ceux de la vallée de Loire sont sans aucun doute les plus majestueux. Au programme de ces trois jours culturels, nous avons joué les purs touristes, puisque nous avons opté pour les classiques Chambord, Chenonceaux, et Blois. Chambord, parce que Petit Monsieur avait décidé de visite « le plus gros », Chenonceaux, parce que Papa et Maman ne le connaissaient pas et le trouvaient beau, et Blois tout simplement pour sa situation au cœur de notre point de chute.

Associer les enfants aux vacances est vraiment plaisant quand ils sont sympas comme le mien ! Très investi dans cette découverte patrimoniale, Petit Monsieur ne voulait rien rater. Le plus gros château, le zoo (de Beauval), le son et lumière du château de Blois. Et je ne vous explique pas la crise de rire quand il s’est inquiété de ne pas avoir encore choisi « la petite tête qui sourit pour dire si on est contents ou pas » – comprendre donner son avis sur l’appli smartphone de l’office de tourisme ! Bon évidemment je vous rassure, il n’en a pas moins 4 ans, et en avait marre à chaque visite au bout d’une heure, et on a loupé Cheverny pour cause de sieste intempestive dans la voiture. Mais globalement il est resté « Royal », c’est le cas de le dire.

Visiter les châteaux de la Loire c’est aussi se rendre compte de nos lacunes en Histoire de France… C’est même la grosse honte, surtout quand comme moi on travaille dans la valorisation touristique… A la traditionnelle question « qui c’est ? » devant chaque tableau, t’as intérêt à te souvenir de tes classiques si tu veux pas passer pour un parent ignare. Et voilà comment devant le portrait de Catherine de Médicis – qui grâce à son air aimable a suscité la question « elle est gentille ou elle est méchante ?« , tu te retrouves à lâcher un machinal « elle est pas très gentille« , et à devoir expliquer à ton fils de quatre ans le massacre de la Saint Barthélémy… traumatisant par la même occasion le bout de chou qui depuis me ressasse sans cesse « qu’une méchante reine a demandé aux soldats de tuer plein de gens« … Il n’empêche qu’aujourd’hui ma merveille, du haut de ses 3 pommes, raconte à qui veut bien l’entendre que c’est François Premier qui a construit Chambord, que Chenonceaux est sur l’eau, et qu’il y a un spectacle sur le château de Blois, et des Pandas, « et tu sais les pandas il va bientôt plus y en avoir si on ne les protège pas » au zoo de Beauval. Visites tranquilles pour les parents, ok, intérêt pédagogique, ok. Bref de bonnes vacances, dont je ne saurai mieux vous recommander les découvertes, et que je vous détaillerai donc dans les prochains billets !